Le boycott du thon de l’Océan Indien : c'est une menace bien réelle venant de certains supermarchés Britanniques et Européens.
Selon les études de plusieurs ONG, comme Green Peace et la World Wildlife Fund (WWF), les stocks s'effondrent depuis 2015 et la pression s'est accentuée depuis 2017.
Les thons de l'océan Indien sont en danger et ont été placés sur la liste des espèces menacées d'extinction.
Ceux-ci sont encerclés sans distinction par les énormes filets de pêche appelés "senne" des thoniers senneurs industriels, véritables bateaux usines de 90 mètres !
Mais que fait donc la Commission des Thons de l’Océan Indien (CTOI) ? Eh bien pas grand chose.
Malgré les nombreux avertissements et les alertes lancés par les divers acteurs du secteur, rien de concret n'a abouti.
Et ce ne sont pas les prétextes liés au contexte actuel de la COVID 19, qui peut les exonérer de lancer des actions pour soutenir la durabilité des stocks de thon.
Les pêcheurs locaux de l'Océan Indien, dont la survie dépend, avaient déjà attiré l’attention de leurs gouvernements sur ces enjeux, mais ils ont fait la sourde oreille.
La réduction de 40% des commandes et leur impact sur l'emploi ont amené les sociétés mauriciennes Princes et IBL Seafood à faire appel au Gouvernement mauricien pour que celui-ci prenne une position forte à la prochaine réunion de la Commission.
La mer n'est pas inépuisable : les captures diminuent, en nombre et en taille, également dans d'autres mers et avec d'autres poissons.
La mise en place de quotas est la solution pour préserver l'avenir de cette filière.
Espérons que des mesures efficaces soient enfin décidées en 2021 par les instances de régulation.
Que s'est-il passé en 2009 pour le sucre mauricien ? Une révolution ! Voire un tsunami !
Il faut se rappeler que la culture de la canne à sucre a historiquement occupé jusqu'à 90 % des terres arables de l'île Maurice.
Sous la pression de certains pays exportateurs, la garantie des prix et quotas sur le marché européen a pris fin cette année là, ouvrant la voie à une profonde réforme de l'industrie sucrière.
Suite à la baisse des prix qui en a résulté, les grands barons du sucre ont dû se remettre en question, qui heureusement avaient anticipé l'évènement.
Cela a eu pour conséquence des plans de restructuration, des fermetures d'usine avec plans de départ volontaire, pour réduire les coûts et augmenter les revenus.
Mais ils ont aussi créé 2 raffineries qui permettent de produire un sucre selon les normes européennes.
D'autre part, ça a été l'occasion de diversifier l'activité en produisant de l'énergie et de l'éthanol à partir de la bagasse et la mélasse, dérivés de la canne à sucre.
Ainsi, grâce à une innovation continue dans la culture de la canne à sucre et la fabrication du sucre de canne, l'île Maurice a développé depuis 1978 différents sucres spéciaux non raffinés.
Pour répondre aux exigences des consommateurs, et les rendre plus attrayants pour les clients les plus exigeants, ils sont constamment actualisés et réinventés.
Les sucreries qui produisent ces sucres sont certifiées BRC (British Retail Consortium).
Ces ingrédients sont ainsi utilisés pour améliorer l'état de santé, la salubrité et la valeur ajoutée des produits alimentaires fabriqués par les fabricants mauriciens.
Vous les trouverez notamment dans les céréales, les produits laitiers, les mélanges secs pour boulangerie, les boissons, les conserves et les gelées, la cuisine ethnique, les snacks, les biscuits et les aliments pour bébés.
Pendant des centaines d'années, le sucre a été la monnaie de l'île Maurice : flashback...
Les premières raffineries de sucre de l'île de France ont été fondées au XVIIIe siècle, sous la direction du gouverneur français Mahé de La Bourdonnais.
Le sucre est resté pendant plusieurs siècles la principale activité économique de l'île, qui comptait au XIXème siècle plus de 250 raffineries !
L'économie de l'île s'est aujourd'hui diversifiée, mais le sucre reste un des principaux produits d'exportation, comme en témoignent les vastes champs de canne à sucre qui couvrent l'île.
Dans ce secteur extrèmement concurrentiel, quelle marque a pu sortir son épingle du jeu ?
Pourtant, on ne compte aujourd'hui que quelques producteurs locaux de gousses de vanille tels que le Domaine de Saint Aubin, le Domaine de Labourdonnais ou le Jardin des épices et de la vanille.
Il s'agit maintenant de redorer le blason de la vanille mauricienne, qui compte sur ses forts arômes sucrés et à sa savoureuse essence pour séduire les consommateurs.
100% naturelle, elle a en effet tout pour séduire les plus fins gourmets, que ce soit pour le marché local ou international.
La difficulté est que cette production est fortement dépendante des conditions climatiques, de la saison et des variations des prix, ce qui rend la rentabilité aléatoire.
A cela, il faut ajouter le problème de la main-d’œuvre dans le secteur agricole, ainsi que l’impact du changement climatique sur l’agriculture.
Il arrive que des importateurs mauriciens de gousses de vanille fassent passer le produit agricole comme local, car il n'y a ni contrôle ni plan de support national pour la production de vanille à Maurice.
Pourtant, depuis 2010, le concept des "Iles Vanilles" a été défini comme une marque pour renforcer la notoriété de ces destinations, et les promouvoir à l’international.
L'union fait la force : la Vanille est un élément naturel, gastronomique et touristique commun aux îles de l’océan Indien.
Elle peut ainsi être un des supports pour favoriser la mise en commun des moyens et des savoir-faire de ces pays.
Mais les projets en cours ou à venir devront tout de même s'inscrire dans le cadre d'un autre concept "Maurice île durable", en prenant également en compte les contraintes de l'autonomie énergétique.